Atelier Jeu de rôle

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De l’importance de créer un historique à son personnage

Partir en campagne (série de plusieurs parties de jeu de rôle) nécessite de créer un historique pour son personnage. L’historique, c’est un peu « la dalle » sur laquelle va reposer votre « maison personnage ».

Alors bien sûr, les adeptes de l’improvisation vont certainement vous dire qu’il est toujours possible de pondre un p’tit historique en début de partie. Certes, mais cela ne répondra pas pleinement au besoin d’une partie sur du long terme.

Quels sont les arguments en faveur d’un historique rédigé à l’avance et transmis au MJ ?

A. L’historique limite les réponses faites au jeu et assure une cohérence au personnage.

Pourquoi ce personnage refuserait à un démon son aide pour le vol d’un objet rare qui lui apporterait moult richesses ? Tout simplement car le PJ (Personnage Joueur alias les joueurs autour de la table) a reçu une bonne éducation et qu’il se revendique d’un alignement neutre bon (un aligen… quoi ? => on y reviendra sûrement plus tard dans un article).

Pourquoi ce barbare met-il tant de férocité dans son attaque contre les goules, et pourquoi le MJ lui accorde-t-il bien volontiers un bonus de +2 au jet d’attaque ?

Ben peut être car le joueur incarnant le barbare s’est fait plaisir en créant un historique dans lequel il décrit un assaut de goule sur son village, auquel il n’a réchappé que grâce à la force et au courage d’une poignée de guerriers qui n’ont rien lâché !

Voilà pour la démonstration par l’exemple. Reste au PJ à tracer des liens entre son historique et le scénario pour donner vie à son personnage en justifiant ses choix de jeu, non plus par le bon vent d’une décision prise à la volée mais bien par une réflexion en lien avec son passé.

B. L’historique permet donc de pouvoir solliciter des avantages en jeu ?

Avec un MJ bienveillant, pourquoi pas ? Et oui, c’est logique d’accorder le bonus plus haut. Mais, si l’on se voit accorder un bonus pour ce genre d’action, il faut aussi s’attendre à recevoir un malus quand des goules nous attaquent en pleine nuit et que l’on ne s’y attendait pas. Et oui, cela ravive un passé douloureux pour le personnage du PJ, qui pourrait très bien se voir demander un jet de VOL -2 avant de sortir affronter la horde des goules à l’extérieur.

C. L’historique permet de justifier littérairement des choix purement mathématiques qui pourraient s’apparenter à du Grobilisme

Quoi de plus effarent que ces personnages Kleenex qui ne sont fondés que sur la maximisation des valeurs chiffrées. Aucun ciment de réflexion, pas une faille fondée sur un passé rédigé. On dirait que le personnage tombe d’un moule, il est creux. Le Grobilisme consiste à vouloir un rendement maximal des valeurs chiffrées offrant au joueur un personnage avec des statistiques démesurées. Tellement démesurées, que cela déstabilise le personnage qui se retrouve très bon en force et en armure et hyper bon au combat mais qui est plein de faiblesses visibles. Dois-je vous raconter comment un jour, j’ai croisé la route d’un de ces joueurs à ma table en tant que MJ ? Un mastoc en armure avec des bonus honteux pour attaquer et blesser. Avec une belle armure. J’ai décidé de le faire combattre sur un pont suspendu, et il est tombé dans l’eau, avec sa belle armure et ses belles armes. Pas de score en natation et un malus si fort à cause de sa belle armure que son perso attend toujours qu’on le remonte pour continuer à jouer. Ce n’est pas sadique, juste la preuve par l’expérience que le jeu de rôle ne se limite pas à compter des points.

Si j’ai la compétence fouille c’est parce que j’ai dû faire les poches à des clients d’une auberge toute mon adolescence pour vivre.

Si j’ai la compétence Art de la magie, c’est parce que j’ai suivi un cursus de formation à la grande école de magie Elgard Delhêtre.

Si je suis bon en escalade c’est parce que tous les soirs, il me fallait rentrer chez moi par les toits pour ne pas réveiller ma fratrie alors que j’allais écouter les musiques des conservatoires locaux…

 

Doit-on tout justifier ? Bien sûr que non, tout au moins les principales forces de votre personnage pour lui donner un relief intéressant autre qu’une soustraction de valeur donnée par un livre de base.

D. L’historique c’est aussi le plaisir d’écrire, et de rédiger son propre passé tout en ayant la possibilité d’influencer le cours du scénario

Et oui ! C’est vous le pilote ! Et profitez-en car après, dès la première minute de jeu, le pilote deviendra le MJ. Alors, pourquoi ne pas lui tendre certaines perches qu’il sera libre ou non de suivre dans son scénario. Cela donne lieu à des quêtes secondaires qui donnent du sens au jeu tout en investissant pleinement le PJ au cœur du scénario. On ne fait plus une quête pour un éventuel donneur de missions, mais bien pour le joueur en question.

 

Vous êtes en ville, dans une auberge et vous croisez Maurice, qui vous a terrorisé pendant toute votre enfance en vous donnant de bonnes raclées si vous ne lui apportez pas sa bière une fois la nuit tombée. Aujourd’hui, vous êtes un bon guerrier avec une troupe de potes, et vous êtes bien décidés à rendre la pareille… Le problème c’est que vous filiez un voleur pour le compte d’un riche marchand et que le brigand quitte l’auberge au moment où Maurice entre. Alors, on reste, ou on poursuit la filature… ?

Voilà un exemple de ce qu’il peut se produire si l’historique est envoyé à temps et si le MJ en prend pleinement connaissance.

 

A l’atelier jeu de rôle, les historiques sont pris en compte lors de l’année, et peuvent même avec l’accord de leurs rédacteurs être lus en fin d’année, lors de la cérémonie de remise des lots. Nous effectuons un travail de correction si besoin et nous apportons des questionnements qui aideront les auteurs à s’améliorer par la suite. Aucune note, juste des pistes de conseils à prendre en compte pour progresser.

 

Nicolas.

Semestre un année scolaire 2020-2021

Les activités vont bon train à l’atelier jeu de rôle depuis la reprise du 05 septembre.

Le groupe continue de se composer de trois tables de jeu, nous avons la suite de la campagne impériale pour Warhammer 1ère édition avec Merlin, une table Achtung Cthulhu avec Rémy, et une dernière table à dominante zombie avec Arthur. Si vous souhaitez nous rejoindre, il vous faudra au préalable envoyer un courriel à asso.atelierjdr@gmail.com afin de recevoir votre invitation et de prendre contact.

Nous mettons en place progressivement l’arbre des compétences ludiques d’un joueur de jeu de rôle, qui est un outil mis en place par Merlin, et son Gorsedd (l’Assemblée qui décide de l’orientation de l’association pour cette année scolaire).

Cette année encore, des lots seront remis en fin d’année aux adhérents en fonction des compétences qu’ils auront su développer durant leurs parties de jeu de rôle sur table.

Nicolas.

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